Un groupe de divers dirigeants propose un plan de séparation

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Un groupe diversifié de 16 évêques et leaders Méthodistes Unis a présenté une proposition qui préserverait l'Église Méthodiste Unie tout en permettant aux congrégations à l'esprit traditionaliste de former une nouvelle dénomination. Le groupe qui se sépare recevra 25 millions de dollars en fonds Méthodistes Unis et conservera le patrimoine de ses églises locales.

Les détails se trouvent dans un « Protocole de Réconciliation et de Grâce à travers la Séparation » de neuf pages, publié le 3 janvier, ainsi qu'une FAQ et un communiqué de presse.

La proposition - élaborée avec l'aide du célèbre médiateur Kenneth Feinberg, qui a travaillé sur le Fonds fédéral d'indemnisation des victimes du 11 septembre – devra au préalable être approuvée par la Conférence Générale de 2020. La rédaction d'un projet de législation est toujours en cours pour cette assemblée législative, qui est le seul organe qui parle au nom des 13 millions de membres de cette dénomination mondiale.

Mais étant donné la large et influente coalition impliquée - incluant des évêques du monde entier et des leaders de groupes de pression souvent en désaccord total - il semble fort possible que la proposition de séparation puisse mettre fin ou du moins réduire considérablement la lutte de la dénomination qui dure depuis des décennies sur l’homosexualité.

L'évêque de la Conférence de New York, Thomas Bickerton, qui fait partie du groupe, a déclaré que la Conférence Générale Spéciale controversée de 2019 convoquée à Saint-Louis, a intensifié les divisions et la nécessité d'une séparation à l'amiable.

« Il est devenu évident que la ligne dans le sable s'était transformée en un canyon, » a dit Bickerton. « L'impasse est telle que nous avons pris conscience que nous ne pouvons plus rester ainsi longtemps. »

« Ce protocole propose une voie qui reconnaît nos différences, respecte tout le monde dans le processus et nous permet gracieusement de continuer à vivre notre mission de faire des disciples de Jésus-Christ pour la transformation du monde, en dépit de nos expressions théologiques différentes. »

Les Signataires du Protocole

L’Évêque Christian Alsted (Région épiscopale nordique et balte)

Le Révérend Thomas Berlin (représentant UMCNext, Mainstream UMC, Uniting Methodists)

L’Evêque Thomas J. Bickerton (Région épiscopale de New York)

Le Révérend Keith Boyette (représentant Confessing Movement, Good News, l'Institut sur la religion et la démocratie et la Wesleyan Covenant Association)

L'évêque Kenneth Carter (Région épiscopale de Floride)

Le Révérend Junius Dotson (représentant UMCNext, Mainstream UMC, Uniting Methodists)

L’Evêque LaTrelle Easterling (Région épiscopale de Washington)

Le Révérend Egmedio "Jun" Equila, Jr. (Conférence centrale des Philippines)

L’Évêque Cynthia Fierro Harvey (Région épiscopale de Louisiane)
L’Evêque Rodolfo "Rudy" Juan (Région épiscopale de Davao, Philippines)

Janet Lawrence (représentant la Fédération Méthodiste pour l'Action Sociale et l'Affirmation et le Réseau des Ministères de Réconciliation)

Le Révérend David Meredith (représentant la Fédération Méthodiste pour l'Action Sociale et l'Affirmation, et le Réseau des Ministères de Réconciliation, membre du Caucus Clergé Méthodiste Uni Queer)

Patricia Miller (représentant le Confessing Movement, Good News, Institut sur la Religion & la Démocratie, et la Wesleyan Covenant Association)

Randall Miller (représentant la Fédération Méthodiste pour l'Action Sociale et l'Affirmation et le Réseau des Ministères de Réconciliation)

L’Evêque Gregory Vaughn Palmer (Région épiscopale de West Ohio)

L’Evêque John K. Yambasu (Région épiscopale de Sierra Leone) 
Ce plan envisage une restructuration de l'Église Méthodiste Unie mondiale restante en régions, ayant la souplesse nécessaire pour adapter les politiques de l'Église, y compris l'inclusion des LGBTQ.

Entre-temps, les traditionalistes qui formeront une nouvelle dénomination pourraient continuer ce qu'ils considèrent comme des restrictions fondées sur la Bible en ce qui concerne le mariage entre personnes de même sexe et l'ordination des homosexuels en tant que membres du clergé.

L’association traditionaliste Wesleyan Covenant Association (WCA) a déjà pris des mesures en vue de la formation d'une nouvelle dénomination, comme la rédaction d'un livre de politiques et de doctrines. Bickerton et le Révérend Keith Boyette, président de la WCA, ont déclaré que l'équipe de négociation part du principe que la nouvelle église émergera de la WCA.

Boyette a fait partie du groupe qui a développé la proposition. Il a dit que les traditionalistes ont longtemps pensé que les divisions au sein de l'Église Méthodiste Unie étaient irréparables et qu'une séparation à l'amiable était la meilleure façon d'avancer.

« Je crois que c'est une solution juste et équitable qui met des décennies de conflit derrière nous et nous donne un avenir prometteur, » a-t-il soutenu.

Jan Lawrence, directrice générale du Réseau des Ministères de Réconciliation (RMN), a également négocié et signé l’accord, qui cherche depuis longtemps à éliminer les restrictions à la participation des LGBTQ dans la dénomination.

« En tant que Méthodiste Unie et LGBTQ, ma priorité à cette table était de m'assurer que nous nous penchions sur la pleine participation des personnes LGBTQ à la vie de l'Église, en veillant à ce que la réponse ne soit pas ‘redemandez-nous en 2024’, » a-t-elle dit. « Il faut enlever le langage maintenant. Je suis heureuse que cette opportunité puisse se présenter en 2020. »

La nouvelle proposition permettrait à d'autres églises Méthodistes Unies de former leurs propres dénominations, tout en prévoyant des accords œcuméniques et une coopération sur certains fronts.

Des représentants de groupes traditionalistes, centristes et progressistes se sont joints à une poignée d'évêques des Etats-Unis, d'Afrique, d'Europe et des Philippines pour parvenir à cet accord. Ils ont seulement promis de l'appuyer.

« Nous proposons humblement aux délégués de la Conférence Générale de 2020 le travail que nous avons accompli dans l'espoir qu'il aidera à guérir les torts et les conflits au sein du corps du Christ et nous libérera pour être des témoins plus efficaces du Royaume de Dieu, » a déclaré John Yambasu, évêque de Sierra Leone, qui a entamé l'été dernier des entretiens privés qui ont abouti à cette proposition.

Le groupe a reçu l'aide de Feinberg, qui a supervisé les fonds d'indemnisation des victimes après le 11 septembre et la catastrophe de la marée noire de BP Deepwater Horizon.

Feinberg a fait don de son temps, tout comme d'autres avocats qui ont aidé le groupe.

« Feinberg s'intéresse profondément à la religion et à la préservation du témoignage public de la religion, et c'est ce qui l'a intrigué et lui a permis de nous dire ‘oui’, » a déclaré Bickerton. « Nous lui sommes extrêmement redevables. »

Feinberg a dit que c'était « un honneur et un privilège » de faire partie des négociations.

« Grâce à des semaines de médiation intense et volontaire à Washington - avec l'aide compétente de Richard Godfrey et de Wendy Bloom, de l'éminent cabinet d'avocats Kirkland & Ellis - et à la participation intense, directe et continue de tous les représentants d’églises, une résolution globale de toutes les questions et de tous les principes a été obtenue, » a-t-il déclaré dans un communiqué.

Un catalyseur clair pour les négociations a été la Conférence Générale de 2019, qui a vu l'adoption du Plan Traditionnel qui renforce les restrictions sur les mariages entre personnes de même sexe et sur l'ordination des personnes LGBTQ - mais qui a aussi déclenché une résistance passionnée et continue aux États-Unis de la part des partisans de l'inclusion complète.

L'application plus stricte du Plan Traditionnel est entrée en vigueur le 1er janvier, mais la nouvelle proposition prévoit de mettre « en suspens » toute procédure administrative ou judiciaire liée aux mariages entre personnes de même sexe ou à l'ordination de membres du clergé homosexuel.

« Vous ne pouvez pas empêcher quelqu'un de déposer une plainte. Vous ne pouvez pas non plus empêcher quelqu'un de demander un procès, » a déclaré M. Bickerton. « Vous pouvez mettre une plainte en suspens. C'est notre demande. »

Les principaux éléments de la proposition de ce groupe sont les suivants :

• Le Conseil Général des Finances et de l'Administration (GCFA) de l'Église Méthodiste Unie fournira 25 millions de dollars, sur quatre ans, « à la dénomination Méthodiste traditionaliste établie en vertu du présent protocole. » La nouvelle dénomination abandonnerait ses droits de propriété sur les actifs Méthodistes Unis, y compris ceux des conseils et agences généraux.
• Le GCFA mettra sous séquestre 2 millions de dollars pour aider de nouvelles dénominations éventuelles.
• Pour soutenir les communautés historiquement marginalisées par le racisme, le GCFA allouera 39 millions de dollars sur huit ans pour renforcer les ministères en charge des Asiatiques, des Noirs, des Hispano-Latinos, des Amérindiens et des insulaires du Pacifique, ainsi que Africa University. Sur ce total, 13 millions de dollars proviendraient de fonds auxquels la dénomination traditionaliste qui se sépare aura choisi de renoncer.
• Après la Conférence Générale de 2020, prévue du 5 au 15 mai à Minneapolis, il y aurait une Conférence Générale spéciale pour la dénomination qui reste. « Le protocole fait également référence à un plan qui prévoit une conférence générale spéciale de l'Église Méthodiste Unie post-séparation. Le but de la session spéciale sera de créer des conférences régionales, de supprimer les interdictions actuelles contre les personnes LGBTQ et d'abroger le plan traditionnel, » a déclaré dans un communiqué de presse le groupe de négociation.
• Une conférence centrale (non américaine) pourrait choisir, par un vote des deux tiers, de s'affilier à une nouvelle dénomination Méthodiste. La date limite du vote serait le 31 décembre 2021 et si aucun vote n'est pris, la conférence reste dans l'Église Méthodiste Unie.
• Une conférence annuelle, que ce soit d’une conférence centrale ou d’une conférence juridictionnelle américaine, pourrait également voter pour s'affilier à une nouvelle dénomination Méthodiste. Un vote de 20 pour cent ou plus lors d'une session de la conférence annuelle serait nécessaire pour avoir le vote de désaffiliation, et un vote de désaffiliation devrait passer par 57 pour cent. La date limite pour le vote de désaffiliation est le 1er juillet 2021.
• L'organe de direction d'une église locale qui envisage la désaffiliation pourrait déterminer un seuil de majorité simple ou des deux tiers pour le vote sur la séparation. Les décisions concernant la désaffiliation doivent être prises avant le 31 décembre 2024.
• Une église locale s'affiliant à une autre dénomination Méthodiste « conformément au protocole » gardera ses actifs et ses passifs.
• Les régimes de retraite de l'Église Méthodiste Unie demeureront en place pour tous les membres actuels du clergé et les employés laïcs, même s'ils s'affilient à une autre dénomination Méthodiste conformément au protocole.

Détails de la proposition

Le document « Protocole de Réconciliation et de Grâce à travers la séparation » partage la proposition d'un groupe diversifié d'évêques Méthodistes Unis et d'autres leaders. Cliquez ici.
Le groupe a également publié un document de Foire aux questions. Cliquez ici
Bien que la date limite pour les pétitions pour la Conférence Générale de 2020 soit passée de plusieurs mois, les règles de l'Église permettent de tenir des sessions spéciales de conférence annuelle pour envisager de soumettre des pétitions supplémentaires. Bickerton a noté que certaines de ces sessions sont déjà prévues pour les semaines à venir.

Le Comité de Références de la Conférence Générale peut également autoriser des pétitions tardives.

Le groupe à l'origine de cette nouvelle proposition a demandé au Conseil des évêques de demander au Conseil judiciaire d'examiner la constitutionnalité de la législation encore en cours d'élaboration avant la session d'ouverture de la Conférence Générale de 2020. 

Ce groupe veut aussi que le Conseil des évêques demande un rapport au GCFA sur les impacts financiers de la proposition.

La Foire Aux Questions (FAQ) qui accompagne le protocole traite directement des réalités post-séparations :

« L'Église Méthodiste Unie sera plus petite. L'Église devra rapidement évaluer l'impact du départ des églises et ajuster l'infrastructure et les dépenses en conséquence. La solution à long terme réside dans la vaste réforme qui s'impose. »

L'Église Méthodiste Unie pense déjà à la Conférence Générale de 2020, et une série de discussions en coulisses sur l'avenir de la dénomination sont en cours.

Yambasu a organisé une réunion à Chicago le 19 juillet 2019. Cette rencontre a réuni les évêques des conférences centrales et cinq représentants de chacun des camps traditionaliste, centriste et progressiste.

Un groupe plus restreint s'est réuni les 16 et 17 août à la Floris United Methodist Church, à Herndon (Virginie) pour entamer les négociations par voie de médiation qui ont abouti à cette nouvelle proposition. Le groupe s'est élargi, surtout avec les évêques, à mesure que le processus avançait.
 
Kenneth Feinberg. Photo de Samuel Wantman, Wikimedia Commons, 2007.
Kenneth Feinberg
Photo de Samuel Wantman, Wikimedia Commons, 2007.
Des sessions clés avec Feinberg ont eu lieu les 17 et 18 octobre, les 11 et 12 novembre et les 16 et 17 décembre à Washington.

L’évêque Kenneth Carter, président du Conseil des évêques, était parmi les leaders épiscopaux qui se sont joints aux discussions et ont signé l'accord. Il en a été de même de Yambasu d'Afrique, Rudy Juan de la région de Davao aux Philippines et de Christian Alsted de la région nordique et balte en Europe.

Boyette et Patricia Miller ont représenté la coalition des groupes traditionalistes qui comprend la WCA, Good News, l'Institut sur la Religion et la Démocratie et le Mouvement Confessant. Lawrence, Randall Miller et le Révérend David Meredith étaient présents pour le RMN, la Fédération Méthodiste pour l'Action Sociale et l'Affirmation (MFSA), et Meredith est mentionné dans le protocole comme membre du Caucus Clergé Méthodiste Uni Queer.

Le groupe a noté dans sa FAQ que les participants se représentaient eux-mêmes et ne pouvaient pas parler « au nom de tous les groupes. » Après l'annonce des détails, la MFSA et le Caucus Clergé Méthodiste Uni Queer ont tous deux déclaré que leurs groupes n'étaient pas officiellement représentés dans les discussions. 

Le Révérend Tom Berlin et le Révérend Junius Dotson ont représenté UMCNext, Mainstream UMC et Uniting Methodists.

Les personnes présentes dans la salle ont consulté des conseillers du « cercle extérieur » ainsi que des experts financiers.

« Le processus était un cheminement, » a dit Dotson, haut dirigeant de Discipleship Ministries. « C'était des moments d'anxiété et des moments d'espoir. J'ai vraiment senti le poids de ces discussions. »

Tous les signataires du protocole ont accepté d'appuyer l'élaboration et la mise en œuvre de cette législation.

« Le fait que nous ayons pu nous réunir de toutes les régions du monde, de tous les horizons théologiques, et définir une occasion de collaborer pour le bien de l'Église que nous aimons tous, est un acte impressionnant, » a dit M. Bickerton.

Il a ajouté : « J'espère que les délégués à la Conférence Générale pourront utiliser ce même esprit dans leur travail à Minneapolis. »

Une discussion en direct avec les membres de l'équipe de médiation aura lieu le lundi 13 janvier. Des détails supplémentaires seront fournis dans les jours à venir.

Hodges est un reporter de l’United Methodist News qui vit à Dallas. Kathy L. Gilbert y a contribué. 
Contact Média : [email protected].
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