Un plat traditionnel ivoirien qui fait des bénéfices pour les femmes

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Les femmes Méthodistes Unies de Côte d'Ivoire ont vu leur rêve d'ouvrir une usine de transformation d'un plat local populaire devenir réalité.

Les femmes vont fabriquer de l'attiéké, un plat traditionnel ivoirien à base de semoule (farine) de manioc qui est devenu très apprécié au-delà des frontières de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique. Sa texture est semblable à celle du couscous.

« Par ce moyen s’offre une opportunité de produire l'attiéké - en quantité et en qualité - une denrée locale très prisée, qui pourrait contribuer à l'économie nationale, » a déclaré Benjamin Boni, évêque de la région épiscopale de Côte d'Ivoire, qui s'est joint aux femmes pour la célébration le 11 janvier.

Les membres de l’Organisation des Femmes Méthodistes Unies représentant les 25 districts de la Conférence de l'Eglise Méthodiste Unie de Côte d'Ivoire se sont réunies à l'entrée d'Attingué, un village de la commune d'Anyama (30 kilomètres au nord d'Abidjan), où elles ont aménagé un vaste terrain en temple pour l'occasion.

Au rythme d'une fanfare, les femmes, mouchoirs blancs en main, exécutaient des pas de danse en poussant des cris de joie. Elles se sont jointes à l'évêque et à sa délégation pour couper le ruban orange, blanc et vert qui bordait la porte du nouveau bâtiment.

La délégation comprenait Lorrie King, directrice du développement durable pour le Comité Méthodiste Uni chargé de l’assistance humanitaire (UMCOR), ainsi que des représentants du gouvernement ivoirien et de la chefferie des villages environnants. UMCOR a subventionné le projet à hauteur de 200 000 $.
Lorrie King (à droite), directrice du développement durable à UMCOR, regarde Akossi Lobochi Rosine (à gauche) et Ayibé Carine fabriquer de l'attiéké dans une nouvelle usine de transformation à Anyama, en Côte d'Ivoire. L'attiéké est un plat ivoirien fabriqué à partir de farine de manioc dont la texture est similaire à celle du couscous. Photo de Isaac Broune, UM News.
Lorrie King (à droite), directrice du développement durable à UMCOR, regarde Akossi Lobochi Rosine (à gauche) et Ayibé Carine fabriquer de l'attiéké dans une nouvelle usine de transformation à Anyama, en Côte d'Ivoire. L'attiéké est un plat ivoirien fabriqué à partir de farine de manioc dont la texture est similaire à celle du couscous. Photo de Isaac Broune, UM News.
Un bâtiment flambant neuf de couleur verte bâti sur 400 mètres carrés abrite l'unité de production semi-mécanisée. L'ouverture de l'usine est une preuve tangible de la concrétisation du thème des deux dernières années de la Conférence de Côte d’Ivoire qui est « Eglise et Sécurité alimentaire : donnez-leur vous-même à manger » (Matthieu 14:16).

Alors que les visiteurs franchissaient le lourd portail, une douzaine de femmes souriantes portant des robes et des chapeaux blancs ont montré au groupe comment l'usine fonctionnait. Certaines étaient occupées à décharger le camion rempli de tubercules de manioc, tandis que d'autres les pelaient, les lavaient et les écrasaient.

« La pâte ainsi obtenue est déshydratée, tamisée, séchée et vannée avant d'être cuite à la vapeur dans des fours géants pour livrer le produit final appelé attiéké, » a déclaré Jeannette Degrou, directrice de l'usine et responsable laïque du circuit d'Anyama. « Cette unité de production emploie vingt femmes et des dispositions sont prises pour recruter également des non-Méthodistes Unies, » a-t-elle ajouté.

Boni a salué l'engagement de longue date des Méthodistes Unis des Méthodistes Unis à lutter contre la pauvreté et a invité les jeunes gens et jeunes filles désœuvrés à se mettre à la tâche.

« L’Evangile de la grâce de Dieu issue de la vie de Jésus-Christ, selon Wesley, comprend également la dimension sociale qui consiste à exercer un ministère auprès des marginalisés et à lutter contre les disparités économiques, » a-t-il dit.

Simon Nathan Koffi, directeur exécutif de l'organisation non gouvernementale Méthodiste Unie le Réservoir de Siloé, a contribué à la mise en œuvre du projet, qui commence par la récolte du manioc et se termine par la commercialisation du produit fini.

« « C’est un vaste projet qui regroupe 2 500 femmes Méthodistes Unies ou non. Elles réaliseront 160 hectares de manioc dans 16 districts ecclésiastiques afin de produire 3000 tonnes de manioc. Cette matière première sera transformée par deux usines de production à Attinguié (Sud) et Moronou (Est), » a déclaré Koffi.

Les travaux de l'usine de Moronou devraient commencer le mois prochain avec une ouverture prévue pour le mois de mai.

Les usines de production travailleront en collaboration avec la coopérative Tabitha Hope, qui a été créée en juin 2019 pour rassembler les femmes de l'Église Méthodiste Unie de Côte d'Ivoire impliquées dans les projets d'attiéké et de riz (un projet similaire dans certains districts favorables au riz).

Les membres de la coopérative vendront leurs récoltes aux usines de production, qui, à leur tour, vendront le produit fini à un coût moindre aux membres de la coopérative Tabitha Hope.

Sara Ahouassa, présidente de la coopérative et des Femmes Méthodistes Unies du district d'Abobo, a déclaré que le projet donnait un but aux femmes.

« Ce projet occupe les femmes. Une des membres a envoyé ses trois filles de 20, 26 et 30 ans travailler dans cette usine. Certaines femmes qui livrent le manioc ou travaillent à l’usine rachètent l’attiéké fini pour aller le revendre dans les villages, tournant ainsi une page de leurs vies, » a-t-elle dit.

Mme King a déclaré que ces femmes sont des modèles pour les autres Méthodistes Unies.

« En vous mettant ensemble pour déterminer ce qui est possible au niveau communautaire, en renforçant votre réseau social, vous servez d’exemple à toutes les femmes de l’Eglise Méthodiste Unie dans le monde, » a dit King, qui a aussi noté que les femmes étaient pleines de fierté et de confiance en soi.

Elle a passé l'après-midi à écouter les femmes exprimer leurs besoins et leurs aspirations à l'église Méthodiste Unie Galilée du Plateau Dokui. Le lendemain, Boni et elle ont visité un projet d'eau, d'assainissement et d'hygiène (WASH) à Monga, Alépé.

" Nous avons attendu pendant longtemps que le projet (attiéké) se concrétise. Merci de ne pas nous avoir fait rêver en vain, » a déclaré Michel Kouakou Kouakou, sous-préfet d'Anyama.
Benjamin Boni, évêque de la région épiscopale de Côte d'Ivoire (à droite), félicite Angèle Seri, vice-présidente de Femmes Méthodistes Unies d’Issia, lors de l'inauguration, le 11 janvier, d'une usine de transformation d'attiéké à Anyama, en Côte d'Ivoire. Au centre se trouve Gisèle Koké, coordinatrice de projet du Réservoir de Siloé, l'organisation Méthodiste Unie qui a construit l'usine. Photo de Isaac Broune, UM News.
Benjamin Boni, évêque de la région épiscopale de Côte d'Ivoire (à droite), félicite Angèle Seri, vice-présidente de Femmes Méthodistes Unies d’Issia, lors de l'inauguration, le 11 janvier, d'une usine de transformation d'attiéké à Anyama, en Côte d'Ivoire. Au centre se trouve Gisèle Koké, coordinatrice de projet du Réservoir de Siloé, l'organisation Méthodiste Unie qui a construit l'usine. Photo de Isaac Broune, UM News.
Il a offert des conseils aux bénéficiaires qui se tournent vers l'avenir.

« « A partir de maintenant, le bishop de l’EMUCI vous regarde, UMCOR vous regarde. La population Méthodiste Unie dans le monde vous regarde. Faites-nous honneur. Vous avez tout mon soutien, » a-t-il dit.

Tous les intervenants ont fait l'éloge de ceux qui ont contribué à la création de l'usine de production.

Le coût total du projet était de 350 000 $, et les 150 000 $ restants provenaient des districts et des particuliers. En plus de la subvention financière, UMCOR a veillé à ce que le projet soit piloté par la communauté, en supervisant sa planification et sa mise en œuvre.

« Ces dernières années, l'agence a investi plus de 779 000 dollars dans divers projets d'aide humanitaire pour améliorer la vie des femmes et des enfants en Côte d'Ivoire, » a déclaré King.

Après la visite des locaux et avant de donner la bénédiction finale, Boni a invité les personnes présentes à manger sainement.

« Il est temps de consommer du bon attiéké, » a-t-il dit.

Broune est le directeur des rédactions francophones pour UM News et est basé à Abidjan, Côte d'Ivoire.
Contact média : [email protected].
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