En quête de paix après les violences électorales en Tanzanie

Points clés :

  • L'Église Méthodiste Unie de Tanzanie appelle les Tanzaniens à prier, à se réconcilier et à panser les plaies de la nation après les affrontements meurtriers qui ont eu lieu lors des élections d'octobre.
  • L'Église se mobilise pour prier, enseigner la paix et apaiser les tensions.
  • L'Evêque Mande Muyombo a rappelé le caractère pacifique de la Tanzanie et a exprimé sa confiance dans la résilience du pays.

Alors que la Tanzanie est aux prises avec les conséquences des violences et des tensions qui ont suivi le récent processus électoral, les méthodistes unis envoient un message d'espoir, de prière et de réconciliation.

L'Evêque Mande Muyombo, qui supervise la Région Episcopale du Nord-Katanga, dont fait partie la Tanzanie, a rappelé la nature profondément pacifique du pays et s'est dit confiant dans la capacité de la nation à surmonter cette période difficile.

« La République-Unie de Tanzanie a toujours été un pays pacifique », a déclaré Mgr Muyombo. « La Tanzanie est revenue à la normale, et les autorités politiques et religieuses du pays ont appelé au calme et à la paix. »

Le 29 octobre, jour des élections législatives et présidentielles en Tanzanie, de violentes manifestations ont éclaté dans plusieurs grandes villes, notamment Dar es Salaam, Mbeya et Mwanza, à la suite d'allégations de fraude et d'irrégularités massives dans le scrutin. Selon l'opposition et diverses organisations de défense des droits humains, les forces de sécurité ont répondu à ces manifestations souvent pacifiques en tirant à balles réelles, tuant des centaines de personnes. Certaines estimations font état de plus de 1 000 morts.

Dans le même temps, une coupure d'Internet de cinq jours a été imposée à l'échelle nationale, limitant considérablement les communications et l'accès à l'information en temps réel, ce qui a renforcé le climat d'oppression et de peur parmi la population. Ce recours massif à la force et à la censure a suscité de vives critiques au niveau international, ainsi que des appels à la transparence et au respect des droits fondamentaux.

Les Autorités tanzaniennes n'ont pas publié de bilan officiel des victimes, mais ont inculpé plusieurs centaines de manifestants, certains pour trahison, un délit passible de la peine de mort. Dans plusieurs régions du pays, des communautés ont fait état de tensions et de pertes en vies humaines liées aux affrontements postélectoraux.

Des fidèles assistent à un office Méthodiste Uni à Dar es Salaam, en Tanzanie. L'Église Méthodiste Unie du pays encourage les paroissiens à prier pour la paix et la réconciliation afin d'apaiser les divisions sociales causées par les violences postélectorales. Photo d'Asaph Sungura Ally, UM News.
Des fidèles assistent à un office Méthodiste Uni à Dar es Salaam, en Tanzanie. L'Église Méthodiste Unie du pays encourage les paroissiens à prier pour la paix et la réconciliation afin d'apaiser les divisions sociales causées par les violences postélectorales. Photo d'Asaph Sungura Ally, UM News.

Si la situation politique semble désormais s'apaiser, les blessures morales restent profondes. Dans un contexte de répression politique sévère depuis plusieurs années, cette crise a plongé le pays dans une profonde division sociale, ravivant les craintes que la gouvernance démocratique et la protection des libertés civiles ne soient menacées. Ces événements ont non seulement affecté la stabilité nationale, mais ont également eu un impact sur les économies et les relations régionales, exacerbant un climat déjà fragile en Afrique de l'Est.

En réponse à cette situation, l'Église Méthodiste Unie de Tanzanie s'est mobilisée pour jouer un rôle dans la guérison spirituelle et sociale.

Asaph Sungura, chargé de communication pour la Conférence de Tanzanie, a déclaré que l'espoir était que l'Église apaise les esprits et rappelle à chacun de poursuivre son travail dans la paix.

« Il y a eu un dimanche où nous n'avons pas prié. Le dimanche après les élections, oui, nous n'avons pas célébré le culte à l'église », a-t-il déclaré. « Ce que fait l'Église, c'est prier Dieu pour la paix dans le pays. Nous enseignons également en face à face, individuellement, principalement sur la paix, la tranquillité et la justice. Nous avons exhorté les gens à ne pas se rassembler trop longtemps, afin d'éviter d'attiser les divisions. »

Lors d'un office célébré le 9 novembre, le révérend Isaac Ibrahim, Surintendant du District de Dar es Salaam, a également appelé les fidèles à préserver la paix et à agir avec justice envers les autres.

« Aucun développement n'est possible sans la paix », a-t-il déclaré.

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Il a encouragé les membres à travailler avec diligence tout en priant pour le rétablissement de la paix dans leurs communautés, déclarant que « la paix est le fruit de la justice » et que chacun doit « faire le bien et respecter les directives du gouvernement afin de maintenir l'harmonie nationale ».

Cette approche, axée sur la prière, la prudence et la solidarité, vise à prévenir de nouvelles divisions tout en favorisant la guérison morale et communautaire.

Un paroissien, qui a souhaité rester anonyme pour des raisons de sécurité, a témoigné : « Nous sommes toujours dans une situation difficile. Il est très difficile d'avoir une image précise de la réalité car nous avons été confinés... Nos cœurs sont blessés ; nous avons besoin de guérir nos cœurs. »

Face à cette réalité, l'Église Méthodiste Unie de Tanzanie poursuit son travail pastoral et humanitaire auprès des familles touchées. Les responsables de l'Église encouragent les fidèles à rester des artisans de paix et à prier pour la guérison nationale. Par l'intermédiaire de ses paroisses locales, l'Église continue d'organiser des moments de prière pour promouvoir la réconciliation et restaurer la confiance.

La Présidente Tanzanienne Samia Suluhu Hassan a appelé la nation à rechercher la paix et la compréhension mutuelle, tout en annonçant la création d'une commission d'enquête sur les violences postélectorales. Dans son discours devant le Parlement à Dodoma, elle a déclaré vouloir faire la lumière sur les événements du 29 octobre.

« Je suis profondément attristée par la perte de vies humaines lors des violences qui ont eu lieu ce jour-là », a-t-elle déclaré. « Le rapport de la commission nous guidera vers un dialogue propice à la réconciliation et à la paix. »

Reconnaissant la douleur des familles et la colère ressentie dans toute la société, Excellence Hassan a également appelé à un traitement plus humain des jeunes manifestants arrêtés pendant les troubles.

« Je comprends que beaucoup de jeunes arrêtés et accusés de trahison n'étaient pas conscients de la gravité de leurs actes », a-t-elle déclaré aux législateurs. « En tant que mère de la nation, j'exhorte les forces de l'ordre — et en particulier le bureau du directeur de la police — à examiner attentivement la gravité des infractions commises par nos jeunes. Quant à ceux qui ont clairement rejoint le mouvement sans intention criminelle, laissez-les effacer leurs erreurs. »

Les Chefs Religieux d'autres confessions ont également élevé la voix contre les abus commis et ont appelé l'État à respecter la dignité humaine.

Le Conseil Œcuménique  des Églises, dont l'Église Méthodiste Unie est membre, a publié le 5 novembre une déclarationexprimant sa profonde préoccupation face à la violence et aux pertes humaines, et a déclaré sa solidarité avec le peuple tanzanien dans sa quête de paix, de justice et de gouvernance transparente.

« Le caractère sacré de la vie humaine, don de Dieu, doit être protégé à tout moment, et aucun processus politique ne devrait jamais justifier l'effusion de sang innocent », a déclaré le Révérend Jerry Pillay, Directeur Général du groupe Œcuménique, dans le communiqué.

« La mission prophétique de l'Église est de se tenir aux côtés des opprimés, de dire la vérité au pouvoir et d'accompagner le peuple vers la guérison et la restauration. »

Londe est correspondant de UM News au Congo.

Contact pour les médias : Julie Dwyer à [email protected]. Pour en savoir plus sur l'actualité méthodiste unie, abonnez-vous gratuitement aux résumés UM News.

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