L’Eglise lutte contre la malnutrition en RDC


L’Église Méthodiste Unie en République Démocratique du Congo (RDC) assure la prise en charge nutritionnelle des enfants à Katako-Kombe, Kole et Lodja dans la Conférence Annuelle du Congo Central. L’église donne aussi des outils aux paysans locaux pour encourager l’agriculture et l’élevage.

Ces activités financées et réalisées dans le cadre du programme Global Health de General Board of Global Ministries constituent une réponse immédiate à la situation de malnutrition des enfants dans cette partie de la Région Épiscopale du Congo Central.

L’appui vise à lutter contre la malnutrition en faisant une intervention d’urgence à court terme et en encourageant l’agriculture et l’élevage à moyen et long terme.

L’appui de l’Eglise Méthodiste Unie a permis de prendre en charge plus de 641 enfants malnutris de 06 à 59 mois dans les districts de Katako-Kombe, Lodja et Bena-Dibele dans la Conférence Annuelle du Congo Central. « Dans le district de Katako, 251 enfants dont 102 garons et 149 filles sont pris en charge, dans celui de Lodja Nord, 185 enfants tandis qu’à Kole à Bena Dibele 205 enfants reçoivent la prise en charge nutritionnelle » peut-on lire dans le rapport du département de la santé fourni par la Coordination du programme Santé de la Mère et de l’Enfant du département de Santé de la Région Episcopale du Congo Central.

Selon Albert Mukindi, Coordonnateur provincial de Programme National de Nutrition, une entité du Gouvernement de la RDC, chaque année, le nombre des enfants malnutris ne fait qu’augmenter dans la province du Sankuru. « Le nombre des enfants de 6 à 59 mois dans la province du Sankuru dépasse même les 10 % recommandés dans la Politique Nationale de Prise en Charge Nutritionnelle en RDC, » fait savoir Mukindi.

Ce constat est confirmé par Madame Hélène Halake Okito en charge de la nutrition à la Division Provinciale de la Santé du Sankuru. « Quelques facteurs sont à la base de la malnutrition des enfants dans trois territoires de la province du Sankuru (Lodja, Katako-Kombe et Kole). Il s’agit notamment de la pauvreté, du faible revenu des parents et de la non-maîtrise des mesures liées à la planification familiale. »

Halake indique que « depuis quelques années les enfants de 06 à 59 mois se trouvant dans certains territoires du Sankuru sont victimes de la malnutrition entrainant beaucoup de morts presque chaque jour. »
Denise Mondji Coordinatrice du projet Santé de la Mère et de l'enfant remet des poules de race améliorée et les semences à Mme Odette Akatshi en présence de Mr. Albert Ndjate Superviseur de la Zone de Santé de Katako-Kombe. Photo de François Omanyondo, UMNS.
Denise Mondji Coordinatrice du projet Santé de la Mère et de l'enfant remet des poules de race améliorée et les semences à Mme Odette Akatshi en présence de Mr. Albert Ndjate Superviseur de la Zone de Santé de Katako-Kombe. Photo de François Omanyondo, UMNS.
La prise en charge nutritionnelle assurée par l’Eglise Méthodiste Unie consiste à donner aux enfants des aliments locaux très nutritifs. « Ces aliments nutritifs sont parfois ignorés par les parents. Les aliments locaux nutritifs sont entre autres le maïs, les sojas, les arachides, les bananes plantains, l’huile de palme, le miel et le sucre que nous pouvons produire en grande quantité localement » déclare la nutritionniste Halake.

Âgé de 2 ans, Lopanu la Lopanu est un garçon qui reçoit la prise en charge nutritionnelle grâce à la subvention de Global Health dans la mission Méthodiste Unie de Dingele, District ecclésiastique de Katako-Kombe. Ses parents, Michel Lopanu et Cathérine Dembo, l’ont amené dans une situation de malnutrition aiguë. « Quand nous venions avec cet enfant à l'état où il se trouvait, nous n'avions aucun espoir qu'il retrouverait sa santé, car il était presque mort, » se souvient Michel Lopanu. Après 32 jours de prise en charge, Lopanu la Lopanu se porte bien. « Notre enfant a reçu des traitements et des aliments appropriés. Il a retrouvé sa santé. Nous louons Dieu et nous remercions l'Église Méthodiste Unie et ses partenaires, » se réjouit Dembo, sa mère.

L’action de l’Eglise Méthodiste Unie a également donné le sourire à Mathilde Anunga, 35 ans, veuve et mère de sept enfants. Anunga a déjà vu deux de ses enfants mourir suite à la malnutrition. Matthieu Lokandola, l’un des enfants vivants âgé de 4 ans, a été pris en charge au centre de Diengenga dans le district ecclésiastique de Lodja Nord. « Mon défunt mari m'a laissé avec ces enfants. Je suis en train de me débrouiller seule pour les nourrir et les scolariser. Mais je n'arrive pas et j'ai déjà perdu deux enfants, » raconte-t-elle.

Anunga témoigne qu’après la prise en charge, Matthieu se porte bien. « J'avais perdu espoir. L'Église Méthodiste Unie vient de donner le sourire, car mon fils est guéri, » fait-elle savoir.

Pour lutter de manière durable contre la malnutrition dans ces régions, l’Eglise Méthodiste Unie encourage les populations à pratiquer l’agriculture et l’élevage. « Nous menons des activités de sensibilisation qui consistent à montrer aux parents comment produire ces aliments nutritifs en grande quantité grâce à l’agriculture, » fait savoir Denise Mondji en charge du programme de Santé de la Mère et de l’Enfant dans la Région Épiscopale du Congo Central.

Mondji ajoute que pour permettre aux bénéficiaires de cultiver les champs, les outils aratoires, les semences et les poussins de race améliorée sont donnés aux parents des enfants en situation de malnutrition.

Gilbert Lonula, âgé de 40 ans, est l’un des bénéficiaires des poules de race améliorée dans le cadre de ce projet dans le district ecclésiastique de Katako-Kombe. « Nous avons reçu les poules de race améliorée pour l'élevage. Ces poules ont produit parce que nous avons respecté les consignes. L’élevage nous aide à manger de la viande en famille. Nous en vendons aussi à moindre coût pour avoir les fonds nécessaires pour prendre soin des poules. Nous travaillons pour étendre cette race auprès d’autres éleveurs, » indique-t-il.

Comme Lonula, Atandjo Adiyo et Pauline Dishiki ont eu des outils aratoires pour faire des champs. Atandjo Adiyo vend le surplus de sa production champêtre et paie la scolarité de ses enfants. « J'ai produit le maïs en grande quantité. Ce qui me permet non seulement de nourrir mes enfants, mais aussi d’en vendre pour avoir un peu d'argent pour les frais scolaires, » fait savoir Atandjo.
Atandjo Adiyo exprime ses remerciements à l'Eglise Méthodiste Unie lors de la cérémonie de distribution des outils aratoires et des poules de race améliorée dans le district de Katako-Kombe. Photo de François Omanyondo, UMNS.
Atandjo Adiyo exprime ses remerciements à l'Eglise Méthodiste Unie lors de la cérémonie de distribution des outils aratoires et des poules de race améliorée dans le district de Katako-Kombe. Photo de François Omanyondo, UMNS.
Pauline Dishiki, 37 ans et mère de 5 enfants, a fait un champ de soja. « Je me suis spécialisée dans la production de soja qui est un aliment très nutritif. J'en produis en grande quantité. Mes enfants sont pour le moment en bonne santé parce qu’ils mangent les bouillies de soja chaque matin, » se réjouit-elle.

Dishiki se rappelle qu’il y a encore quelques mois, elle ne pouvait pas acheter les outils aratoires avec ses propres moyens. « Mais Dieu a fait grâce. Nous avons eu ces outils par le canal de l'Eglise Méthodiste Unie, » témoigne-t-elle.

Albert Ndjate, Superviseur de la Zone de Santé de Katako-Kombe félicite l’Eglise Méthodiste Unie pour avoir trouvé une solution durable en encourageant les populations à l’agriculture et l’élevage. « D’autres organisations dans la région se sont limitées à la prise en charge nutritionnelle, et n'ont pas appris aux parents à produire ces aliments afin de maintenir la santé de leurs enfants. L'Église Méthodiste Unie apporte non seulement les produits pour lutter contre la malnutrition, mais donne aussi des outils de productions à ces pauvres, » se réjouit Ndjate.

Médard Elonge, Administrateur du Territoire de Lodja, a remercié l'Église Méthodiste Unie pour cette initiative qui vient soulager les parents de ces enfants qui ne savaient plus quoi faire par manque de moyens. « Ces enfants n'étaient que des candidats à la mort. Ma prière est que cette activité puisse s'étendre dans toutes nos régions » a-t-il souhaité.

François est communicateur pour la Conférence Annuelle du Congo Central.
Contact média : [email protected]
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