L’église construit un Centre de prise en charge des enfants malnutris au Congo


L’Eglise Méthodiste Unie au Congo a construit un centre de réhabilitation nutritionnelle pour maintenir sa lutte contre la malnutrition des enfants dans la région episcopale du congo central qui s’étend du centre à l’ouest de la république démocratique du congo.

Le Centre est basé à Diengenga dans le District ecclésiastique de Lodja Nord, Conférence annuelle du Congo Central dans la Province du Sankuru en région du Kasaï.

Grâce au financement de Global Health, l’église est engagée depuis 2019 dans la lutte contre la malnutrition dont les enfants de 0 à 59 Mois sont victimes dans la province du Sankuru. Ces initiatives entrent dans le cadre du programme de lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et infantile.

L’église a travaillé l’année dernière dans la prise en charge des quelques 651 enfants souffrants de malnutrition. Un financement des méthodistes unis a permis à des communautés locales de se lancer dans l’agriculture, élevage et pisciculture pour lutter efficacement contre la malnutrition dans la région.

Selon une enquête du Programme Alimentaire Mondiale datant de 2018, plus de trois millions se sont retrouvées dans une situation d’insécurité alimentaire sévère dans la zone du Kasaï. La situation a été empirée en particulier par la rébellion Kamwina Nsapu qui a sévit dans la région entre 2016 et 2018.

“Dans ce contexte, les enfants sont en particulier le plus vulnérables. Les parents n’ont pas cultivé pendant près de quatre ans à cause de la situation sécuritaire précaire au Kasaï. Cette situation a causé la rareté de la nourriture et plonger des milliers d’enfants dans la malnutrition” souligne Hélène Halake, nutritionniste au centre.

Donatien Okitawoso, Assistant Technique du Programme National de Nutrition Sankuru, une structure du Gouvernement de la RDC, la situation nutritionnelle des enfants de 0 a 59 Mois est précaire et préoccupante dans la Province du Sankuru. Sur une population de 2.551 304 de la Division Provinciale du Sankuru en sigle DPS, le nombre d’enfants malnutris est de 256.901 réparties dans les 16 Zones de Santé que Compte la DPS.

“Sur le plan nutritionnel, la province du Sankuru est considérée comme une Province en alerte — est-à-dire se trouvant dans une zone rouge. Tenant compte de la politique nationale de prise en charge nutritionnelle, nous dépassons même le 10% recommandé pour que cela soit déclaré un fléau,” fait savoir Donatien Okitawoso.

Selon Gabriel Dikete, Coordonnateur du Département de la Santé dans la Région Episcopale du Congo Centrale, la construction de ce centre de réhabilitation nutritionnelle va permettre à l’église méthodiste unie de travailler de manière permanente dans la prise en charge nutritionnelle des enfants dans la région.

“Nous avons décidé ensemble avec de nos partenaires de construire ce centre de réhabilitation nutritionnel, c’est tenant compte du nombre des enfants malnutris qui sont enregistrés et qui continu à être enregistrés dans nos structures de Santé se trouvant dans les six Territoires qui composent la province du Sankuru. Cela ferait en sorte que notre engagement dans la lutte contre ce fléau de la malnutrition qui menace les enfants soit pérennisée bien que notre champ d’action soit bien limité,” fait savoir-t-il.

Dikete ajoute aussi que ce centre va également desservir toute Conférence Annuelle du Congo Central.

“Ce centre de réhabilitation nutritionnel pilote basé à Diengenga nous aide aussi à faire le mélange des intrants et au traitement des aliments nutritifs qui vont desservir l’ensemble de la Conférence Annuelle du Congo Central surtout dans les endroits ou la malnutrition fait rage tue beaucoup par manque de connaissance e leurs parents” fait savoir Dikete.

Depuis son ouverture, le Centre de réhabilitation nutritionnelle méthodiste unie de Diengenga prend en charge plus de 654 enfants malnutris.

Selon Madame Denise Mondji Coordinatrice de la structure, pour une bonne réhabilitation nutritionnelle des enfants, le centre donne aux malnutris des suppléments alimentaires à base des produits nutritifs locaux.

“Ces aliments se composent notamment de : les mais, les sojas, les arachides, les bananes plantains, d'huiles de palme, le miel et le sucre. Le mélange de ces intrants, constitue un aliment nutritif très concentré qui permet à l’enfant de récupérer petit à petit sa santé,” fait savoir-t-elle.
Infirmière Titulaire, Véronique Nyembo (à gauche) et la chargée de nutrition, Marie José Tshoo (à droite) avec des intrants pourla prise en charge nutritionnelle des enfants du Centre. Dans les emballages, il y'a un mélange de : farines de maïs, de soja, du sucre huile de palme. Dans des sceaux bleu il y'a la pâte d' arachide. Cette équipe travaille pour envoyé des aliments au CRN de Diengenga, de Dingele, Djalo et Bena Dibele. Photo par François Omanyondo.
Infirmière Titulaire, Véronique Nyembo (à gauche) et la chargée de nutrition, Marie José Tshoo (à droite) avec des intrants pourla prise en charge nutritionnelle des enfants du Centre. Dans les emballages, il y'a un mélange de : farines de maïs, de soja, du sucre huile de palme. Dans des sceaux bleu il y'a la pâte d' arachide. Cette équipe travaille pour envoyé des aliments au CRN de Diengenga, de Dingele, Djalo et Bena Dibele. Photo par François Omanyondo.
“Le Centre de réhabilitation nutritionnelle est une première dans cette zone,” indique la nutritionniste dans ce centre. Hélène Halake Okito rappelle que quelques organisations internationale intervenaient juste pour un temps avant de partir.

“Ce Centre devient une référence dans la province du Sankuru car, sur les six territoires de la Province du Sankuru car, il n'y a aucun endroit que l’on a à manger pour la prise en charge des cas de malnutris.  Bien sur qu’il y a des ONG/D qui amènent des plepinates qu’on distribue aux enfants mais cela ne suffit pas. Il faut des aliments locaux.”

L’enfant Emile Djemo âgé d'à peine 9 mois était presque mourant lorsque ses parents l’ont amené au Centre de réhabilitation nutritionnelle. Le jeune souffrait de malnutrition aiguë sévère et a eu la vie sauve grâce au traitement reçu au centre nutritionnel. Jean Ponge, 35 ans et parent de petit Emile s’est réjouit de la guérison de son fils au sortir du centre de réhabilitation nutritionnelle en mai 2020.

“J’étais venu avec mon Fils Emile Djemo à 9 Mois il était presque mourant suite a la malnutrition de nourrir mes enfants comme il faut. Grâce à l’église Méthodiste Unie, mon enfant a retrouvé sa santé c’est pourquoi je remercie mon Dieu,” témoigne Jean Ponge.

Thérèse Akanyi, 27 ans et Adèle Embale, 37 ans ont toute deux des enfants malnutris internés au Centre de réhabilitation nutritionnelle de Diengenga.

Le fils de Thérèse Akanyi âgé à peine de 14 mois se portent de plus en plus bien et continu à recevoir le traitement au centre.

“Mon Fils Okitawoso déjà 14 mois de naissance, mais il ne marche même pas car sa santé est consumée par des maladies causée par la malnutrition. Je l’ai amené ici pour le traitement. Pour le moment je vois que ca va et je garde espoir qu’il va même marcher comme il a déjà retrouvé sa santé” fait savoir t-elle sourire aux lèvres.

Adèle Embale quant à elle, a une histoire un peu particulière et vulnérable. Sa fille Catho Ekodi âgée de 17 Mois souffre de malnutrition, car dit-elle, le Père de l’enfant est aveugle et c’est elle-même qui se débrouille pour la survie de ses enfants.

“J’étais obligée de sortir avec ma fille a une semaine de sa naissance pour aller au champ et de la je rentrais tard. Donc, l’état ou se trouvait ma fille, j’avais déjà perdue espoir. Voilà Dieu ne dort jamais je l’amène ici, l’enfant se retrouve déjà. Ma prière est Dieu bénisse ceux la qui ont financé ce programme et ca puisse continuer pour venir en aide aux autres familles enfin de sauver des vies des plusieurs autres enfants.” se réjouit Embale.

La construction du Centre de réhabilitation nutritionnelle et l’impact qu’il produit déjà réjouit les prestataires de santé. André Djanga est relais communautaire dans l'ère de santé de Diengega. Il travaille volontairement dans la recherche des enfants souffrants de malnutrition dans la région et les orienter au centre de nutrition.

“C’est une impression de satisfaction pour nous qui travaillons dans la sensibilisation de la communauté. La construction de ce Centre nous rassure que nos efforts ne sont pas vain car, malnutrition est une réalité et un autre fléau qui menace les enfants dans notre communauté. Ca nous permet pour le moment de nous impliquer davantage pour sauver des vies,” se réjouit-il.

Les activités du Centre de réhabilitation nutritionnelle vont se pérenniser dans la région. Selon Gabriel Dikete, plusieurs options sont mises en place pour pérenniser les activités de prise en charge nutritionnelle en dehors de financements extérieurs.

“L’intégration de la structure (Centre de Réhabilitation Nutritionnel CRN) au Programme National de Nutrition (PRONANUT) est notre option pour pérenniser le fonctionnement du centre après financement extérieur” fait savoir t-il.

Dikete indique aussi que le département de la santé réfléchit aussi pour développer des mécanismes en vue de financer localement l’achat des intrants pour la prise en charge des enfants.

“La coordinatrice du Programme de lutte contre la mortalité maternelle néonatal et infantile travail avec les relais communautaires pour développer un projet de sécurité alimentaire (Agriculture et élevage) afin que ce projet puisse auto financer l'achat des aliments pour prendre en charge des enfants” conclu Dikete.

François Omanyondo est le Communicateur de la Conférence annuelle du Congo Central.
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