Points clés :
- Dans un revirement significatif, les méthodistes unis du Rwanda se sont associés publiquement aux autorités rwandaises lors d'un événement visant à prévenir la propagation du VIH.
- Ce pays d'Afrique de l'Est s'efforce de continuer à atteindre ses objectifs de réduction de la prévalence du VIH.
- La coopération entre le gouvernement, la société civile et les communautés religieuses est essentielle pour parvenir à « une génération sans VIH », a déclaré un responsable.
Contrairement aux États-Unis, où le gouvernement fédéral a minimisé l'importance de la Journée mondiale de lutte contre le sida l'année dernière, les dirigeants politiques rwandais ont encouragé les églises à mettre cet événement à l'honneur.
Pour la première fois, l'Église Méthodiste Unie du Rwanda a organisé la commémoration en partenariat avec les autorités locales, réunissant des chefs religieux, des professionnels de la santé et des membres de la communauté afin de sensibiliser le public. Les années précédentes, les méthodistes unis du Rwanda organisaient de petites formations dans les Eglises, axées principalement sur la prévention du VIH, à l'intention des Pasteurs, de leurs conjoints et des responsables de jeunesse.
Cette année a marqué un changement majeur. L'événement du 1er décembre s'est déroulé dans un espace public ouvert, élargissant ainsi son audience aux passants, aux vendeurs du marché et aux jeunes qui ne participent peut-être jamais aux activités de l'Eglise.
La Mission inclusive pour la santé et l'espoir, un ministère méthodiste uni, a organisé cette grande cérémonie en bordure de route pour les communautés du secteur de Mukamira, dans le district de Nyabihu au Rwanda. L'événement a attiré plus de 150 participants inscrits, tandis que des centaines d'autres se sont arrêtés près de la gare routière pour écouter les discours, la musique et les messages de prévention du VIH. Mukamira a été choisi pour son fort trafic piétonnier et son emplacement stratégique, offrant une plateforme idéale pour atteindre un public diversifié avec des informations actualisées sur le VIH.
Le maire adjoint du district de Nyabihu, Pascal Simpenzwe, a salué le regain d'engagement de la société civile après « plusieurs années de participation limitée » aux commémorations de la Journée mondiale de lutte contre le sida. Il a souligné les excellents résultats obtenus par le Rwanda, notant que « la riposte du Rwanda au VIH reste l'une des plus efficaces du continent ».
Le pays a atteint les objectifs mondiaux 95-95-95 : environ 95 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, 96 % à 98 % d'entre elles sont sous traitement et 95 % à 98 % parviennent à une suppression virale.
La prévalence nationale du VIH reste relativement faible, à 2,7 %. Le Rwanda enregistre environ 3 200 nouvelles infections et 2 600 décès liés au sida chaque année, et on estime à 230 000 le nombre de Rwandais vivant avec le VIH. À titre de comparaison, environ 0,3 % de la population américaine vivait avec le VIH en 2022.
« Ces résultats montrent ce qu'il est possible de réaliser lorsque le gouvernement, la société civile et les communautés religieuses travaillent ensemble », a déclaré Simpenzwe. « Mais ces programmes ont encore besoin de partenaires solides si nous voulons parvenir à une génération sans VIH. Nous devons continuer à encourager le dépistage, à soutenir les familles touchées par le VIH et à prévenir les nouvelles infections. »
Le Révérend Augustin Bahati, Directeur exécutif d'Inclusive Mission et organisateur de l'événement, a déclaré que la collaboration autour de ce rassemblement marquait une étape importante pour l'Église Méthodiste Unie au Rwanda. M. Bahati est également Directeur de la mission et de l'engagement communautaire auprès de la Conférence provisoire de l'Église Méthodiste Unie au Rwanda.
Selon lui, cet événement « reflétait un engagement communautaire plus fort, un engagement renouvelé à réduire la stigmatisation et un message clair en faveur de la prévention du VIH ».
Dorothée, une femme Méthodiste Unie de 55 ans, a livré un témoignage public poignant. Son mari est décédé du sida en 2022. Lorsqu'elle a été diagnostiquée séropositive en 2005, elle a également appris que sa petite fille était infectée.
D'abord submergée par la peur, elle a déclaré avoir trouvé l'espoir grâce à un accompagnement professionnel et se sentir aujourd'hui en bonne santé grâce à un traitement antirétroviral régulier. Sa fille est aujourd'hui mariée à un homme qu'elle a rencontré dans un groupe de soutien pour les enfants séropositifs, où ils ont également reçu un traitement antirétroviral. Le couple a maintenant un fils de 3 ans qui a été testé négatif au VIH.
La volonté de Dorothee de s'exprimer ouvertement lors d'un rassemblement public témoigne d'une diminution de la stigmatisation, même si de nombreux participants ont reconnu que la peur et la désinformation persistent.
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Bien que les infections aient diminué au cours de la dernière décennie, les jeunes et les populations clés, notamment les personnes LGBTQ+, les travailleurs du sexe, les consommateurs de drogues injectables et les réfugiés dans les communautés transfrontalières, continuent de faire face à des défis. La stratégie de santé publique du Rwanda met l'accent sur la prévention, l'autotest, la circoncision masculine et l'élimination de la transmission mère-enfant.
L'un des moments forts de cet événement en plein air a été la prestation des clubs scolaires anti-VIH composés d'adolescents. Utilisant une approche d'éducation par les pairs, les jeunes ont chanté une chanson originale créée dans le cadre d'un projet de sensibilisation soutenu par l'Église méthodiste unie. Les paroles encourageaient les élèves à rejeter la stigmatisation, à se faire dépister et à adopter des comportements sains. Conscients que de nombreux jeunes nouvellement diagnostiqués sont en proie au désespoir ou ont des pensées suicidaires, ils ont affirmé que « vivre avec le VIH ne détermine pas votre avenir ; l'amour, les soins et le traitement vous donnent de l'espoir ».
« Les partenariats entre les Eglises, les organisations de la société civile et le gouvernement au Rwanda sont essentiels », a déclaré Mme Musabyemariya Donatille, présidente de l'organisation Wiceceka (« wiceceka » signifie « ne gardez pas le silence » en français).
« Les communautés religieuses façonnent les croyances, les comportements et les normes communautaires », a-t-elle déclaré. « Les institutions gouvernementales fournissent des préservatifs, des médicaments vitaux et des soins médicaux. Lorsque les deux travaillent ensemble, elles comblent le fossé entre la connaissance et l'acceptation. »
Comme beaucoup de gens ont encore peur de se faire dépister ou de révéler leur statut, l'implication de l'Église aide à briser le silence et la stigmatisation grâce au message chrétien d'amour de Dieu, du prochain et de soi-même.
Les organisateurs de l'événement ont exprimé leur gratitude à l'Inclusive Mission, à l'organisation Wiceceka, au Centre for Health and Hope lié à l'Église Méthodiste Unie et au Comité mondial sur le sida de l'Église Méthodiste Unie pour leur soutien. Le Réseau rwandais des personnes vivant avec le VIH, appelé RRP+ en abrégé, a été remercié pour avoir fait don des centaines de préservatifs distribués pendant l'événement, et les dirigeants politiques locaux ont été félicités pour leur présence et leurs encouragements.
La réunion s'est terminée par un geste symbolique des participants qui se sont donné la main et se sont engagés à soutenir les progrès du Rwanda. Les responsables de l'Église et du gouvernement ont réaffirmé leur engagement à réduire les nouvelles infections, à soutenir les familles touchées par le VIH et à veiller à ce que personne, en particulier les jeunes, ne soit laissé pour compte dans la marche vers une génération sans sida.
Habimana est un journaliste rwandais qui a bénéficié du soutien du Centre pour la santé et l'espoir dans le cadre de la Mission inclusive pour la santé et l'espoir, après avoir traversé une période difficile et décourageante de sa vie. Il a obtenu son diplôme en 2024 à l'Institut Catholique de Kabgayi et est aujourd'hui bénévole au sein de la Mission inclusive en tant que chargé des relations publiques.
Contact presse : Julie Dwyer à l'adresse [email protected]. Pour en savoir plus sur l'actualité de l'Église Méthodiste Unie, abonnez-vous gratuitement aux résumés de UM News