Points clés :
- Plus de 600 foyers ont désormais accès à l’eau potable grâce à un projet de collecte des eaux de pluie financé par le Comité méthodiste unifié pour les secours (UMCOR).
- Selon Jean Tshomba, coordinateur du Bureau de gestion des catastrophes de UMCOR dans l’est du Congo, le manque d’accès à l’eau potable aggrave la crise sanitaire qui touche des familles déjà affaiblies par le conflit et les déplacements forcés.
- Les citernes sont raccordées aux toits afin de recueillir l’eau pendant la saison des pluies et de la stocker pour une utilisation ultérieure, ce qui permet de réduire l’incidence des maladies d’origine hydrique.
Dans le village isolé de Kibumba, les citernes d’eau de pluie installées par l’Église Méthodiste Unie transforment la vie des habitants.
Grâce au soutien financier du Comité Méthodiste Unifié pour les secours (UMCOR), 24 citernes de collecte d’eau de pluie ont été installées, permettant à environ 600 foyers d’avoir accès à l’eau potable.
« À Kibumba, l’accès quotidien à l’eau reste un défi majeur », a déclaré Jean Tshomba, coordinateur du Bureau de gestion des catastrophes de UMCOR dans l’est du Congo. « Contrairement à d’autres communautés qui peuvent compter sur des rivières, des sources ou un réseau de canalisations, le village ne dispose d’aucune source d’eau de surface. Les habitants dépendent presque entièrement de l’eau de pluie pour boire, cuisiner, se laver et entretenir leurs maisons. »
M. Tshomba a ajouté que lorsque les pluies tardent à venir ou que les réserves s’épuisent, les familles se retrouvent dans une situation précaire. « Dans ce contexte, la recherche d’eau rythme la vie quotidienne. »
Marie Kithumbiro, mère de quatre enfants, vit à Kibumba depuis des années. Comme elle, de nombreuses femmes passaient autrefois plusieurs heures par jour à chercher de l’eau, ce qui limitait leurs activités économiques et la fréquentation scolaire de leurs enfants. Le village est situé à 17 kilomètres (environ 10,5 miles) au nord de Goma.
« Avant, je partais à cinq heures du matin avec mes enfants pour aller chercher de l’eau à plus d’une heure de marche », a raconté Kithumbiro. « Nous revenions épuisés, et parfois, l’eau que nous trouvions était sale. »
Depuis que l’Église Méthodiste Unie a construit l’un des réservoirs d’eau près de chez elle, elle explique avoir davantage de temps à consacrer à sa famille et à son travail. « Mes enfants arrivent désormais à l’heure à l’école, et j’ai plus de temps pour m’occuper de ma petite entreprise. Que Dieu bénisse ceux qui ont pensé à nous. »
Les travaux se sont achevés en avril, et les installations ont été inaugurées fin mai. Les réservoirs sont raccordés aux toits afin de récupérer l’eau pendant la saison des pluies et de la stocker pour une utilisation ultérieure. Cette solution, simple et adaptée au contexte local, vise à fournir une source d’eau plus fiable tout au long de l’année.
Depuis plusieurs années, l’Église Méthodiste Unie et UMCOR viennent en aide aux personnes déplacées à l’intérieur du pays en leur fournissant une aide d’urgence, notamment de la nourriture et des produits d’hygiène. Le projet de Kibumba s’ajoute à d’autres initiatives de l’Église Méthodiste Unie visant à redonner espoir et santé dans l’Est du Congo.
S'abonner à notre bulletin d'information électronique (en anglais)
« À Kibumba, les familles n’ont pas le choix. C’est l’eau de pluie ou rien », a déclaré M. Tshomba. « Notre rôle est de les aider à mieux capter et stocker cette ressource. Grâce à ces citernes, nous voulons réduire les longs trajets pour aller chercher de l’eau, protéger la santé des enfants et donner aux femmes plus de temps à consacrer à l’éducation de leurs enfants et à leurs activités économiques. »
M. Tshomba a également remercié l’évêque du Congo oriental, Antoine Tambwe Kalema, pour son engagement en faveur des communautés vulnérables. « Son dévouement nous inspire et nous donne la force de poursuivre ce travail au quotidien », a-t-il déclaré.
Le manque d’accès régulier à l’eau potable constitue également un problème de santé publique. Les maladies d’origine hydrique, telles que la diarrhée et d’autres infections liées à l’eau contaminée, représentent une menace permanente pour les familles déjà affaiblies par les conflits et les déplacements forcés.
Lorsque l’eau se fait rare, certaines pratiques d’hygiène élémentaires sont négligées : le lavage des mains, le nettoyage des ustensiles de cuisine et l’entretien des lieux de vie. Cela accroît les risques sanitaires, en particulier pour les enfants.
Pour l’Église Méthodiste Unie, l’accès à l’eau potable est une expression concrète de la foi chrétienne vécue au service du prochain.
En 2020, un projet similaire a permis à l’Église Méthodiste Unie d’installer des systèmes de récupération des eaux de pluie dans trois établissements de santé de l’est du Congo, allégeant ainsi le fardeau des femmes enceintes et des jeunes mères.
Ce dernier projet de collecte des eaux de pluie a été financé par UMCOR, en coordination avec l’équipe « Santé mondiale » du Conseil des ministères mondiaux de l’Église Méthodiste Unie. Le Bureau de Gestion des Catastrophes a également bénéficié d’un soutien technique sur le terrain. Ces activités s’inscrivaient dans le cadre d’un programme d’aide intégré destiné à l’Est du Congo, financé l’année dernière par UMCOR grâce à une subvention de 750 000 dollars. Le projet visait à associer les interventions en cas de catastrophe et les programmes de santé afin de répondre aux besoins des communautés touchées par le conflit.
Les réservoirs d’eau profitent également à l’ensemble de la communauté, indépendamment de la religion ou de l’origine sociale. Certains réservoirs alimentent des lieux de culte non chrétiens, tels que la mosquée locale.
Mulemeri Pilipili Luboho, imam de la mosquée de Kibumba, est reconnaissant des efforts déployés par l’Église.
« Avant, pendant la saison sèche, nous devions suspendre certaines activités à la mosquée faute d’eau », a-t-il déclaré. « Aujourd’hui, grâce au réservoir installé par l’Église Méthodiste Unie, nous disposons d’eau pour les prières, pour nous laver les pieds et les mains, mais aussi pour venir en aide à nos voisins qui n’ont rien. C’est une bénédiction pour l’ensemble de la communauté musulmane. Nous remercions l’Église Méthodiste Unie pour ce geste qui respecte et sert tout le monde. »
M. Tshomba a déclaré que ce projet reflétait la nouvelle vision de l’Église Méthodiste Unie, qui consiste à « aimer avec audace, servir avec joie et diriger avec courage au sein des communautés locales et dans le cadre de nos relations internationales ». Il a souligné que des projets comme celui-ci venaient en aide à « toute personne dans le besoin, quelles que soient sa foi ou ses origines ».
M. Shabani est chargé de communication au sein de la Conférence du Kivu.
Contact presse : Julie Dwyer, rédactrice en chef, [email protected]. Pour en savoir plus sur l’actualité de l’Église Méthodiste Unie, abonnez-vous gratuitement aux résumés de UM News.